Burkina Faso: Poutine pour remplacer Macron



Au Burkina Faso, de nouvelles manifestations ont été organisées vendredi contre la présence française dans le pays.

Des centaines de personnes se sont rassemblées, vendredi 20 janvier, à Ouagadougou, pour réclamer le départ de l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Luc Hallade, rapporte Jeune Afrique.

Les manifestants ont afflué place de la Nation, en plein centre de Ouagadougou, à l’appel du collectif des leaders panafricains (CLP). Ce mouvement, qui regroupe des organisations favorables au capitaine Ibrahim Traoré, a demandé « le départ de l’ambassadeur de France » et la « fermeture de la base de l’armée française à Kamboinsin », en périphérie nord de la capitale, où sont stationnées environ 300 forces spéciales françaises.

« Nous sommes là pour exprimer notre soutien total et indéfectible au président Ibrahim Traoré, aux forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre le terrorisme et pour la souveraineté totale de notre pays, a déclaré Mohamed Sinon, un des principaux leaders du collectif. Nous sommes un mouvement panafricain et nous souhaitons une coopération du Burkina Faso avec la Russie, mais aussi le renforcement des liens d’amitié et de coopération avec la Guinée et le Mali. », ajoute Jeune Afrique.

Posters géants de Poutine

Les manifestants, majoritairement vêtus de blanc, portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Armée française, dégage de chez nous », « France dégage », ou encore « Dehors les diplomates pyromanes ».

Des posters géants des présidents malien Assimi Goïta et guinéen Mamadi Doumbouya, ainsi que celui du président russe Vladimir Poutine, étaient également brandis par des manifestants ou soigneusement dressés sur un podium, au milieu des drapeaux burkinabè.

Luc Hallade sur le départ ?

En octobre et en novembre, des mobilisations anti-françaises avaient déjà eu lieu devant l’ambassade de France et la base militaire de Kamboinsin. Et, en décembre, les autorités burkinabè avaient exigé le départ de l’ambassadeur de France, Luc Hallade. Depuis ses déclarations devant le Sénat français, le 5 juillet dernier, ce dernier est la cible de nombreuses critiques à Ouagadougou. S’exprimant sur la crise sécuritaire qui mine son pays d’accueil depuis 2015, il avait alors affirmé que « ce conflit endogène » était « en réalité une guerre civile ».

Dans le même temps, les autorités burkinabè ont plusieurs fois affirmé ces derniers mois leur volonté de renforcer leurs relations avec Moscou. Paris a dépêché, le 10 janvier, à Ouagadougou, la secrétaire d’État auprès de la ministre française des Affaires étrangères, Chrysoula Zacharopoulou, pour y rencontrer le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré.

« La France n’impose rien, elle est disponible pour inventer un avenir ensemble », a-t-elle martelé, assurant ne vouloir « influencer aucun choix, ni aucune décision, personne ne peut dicter ses choix au Burkina », nous rapporte Jeune Afrique.



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