Le gouvernement détaille les modalités de sa très controversée réforme de l’assurance-chômage



La réforme de l’assurance-chômage, qui prévoit la réduction de la durée d’indemnisation si la conjoncture économique est jugée bonne, est mal accueillie par les syndicats et certains partis. L’exécutif juge la mesure bénéfique pour l’emploi.

Le gouvernement a dévoilé ce 21 novembre aux partenaires sociaux puis à la presse les contours de sa réforme de l’assurance-chômage.

Devant les journalistes, le ministre du travail Olivier Dussopt a estimé que ces mesures très controversées qui passent entre autres par une réduction de la durée d’indemnisation vont permettre «100 à 150 000» retours à l’emploi supplémentaires en 2023. Le principe de cette réforme, qui sera introduite par décret, repose sur la modulation de certaines règles en fonction de la conjoncture économique française, plus précisément du taux de chômage et de son évolution. 

En somme, les règles qui entreront en vigueur le 1er février 2023 prévoient une baisse de 25% de la durée d’indemnisation si la situation est considérée comme bonne, c’est-à-dire avec moins de 9% de chômage et ne connaissant pas une progression supérieure à 0,8 point au cours d’un trimestre. Dans les faits, un chômeur qui aurait eu droit par exemple à 12 mois d’indemnisation dans le système actuel n’aura plus droit qu’à neuf mois, en cas de conjoncture économique jugée favorable. Un plancher minimal de six mois sera préservé.

En revanche, si la situation économique se détériore au point où le taux de chômage franchit la barre des 9% ou progresse de plus de 0,8 point sur un trimestre, les règles actuelles seront rétablies. «L’objectif final, c’est le plein emploi. Ce n’est pas arrivé depuis les années 70», a annoncé sur Franceinfo le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Grogne chez les syndicats et dans une partie de la classe politique

La quasi-totalité des syndicats sont hostiles à une réforme jugée injuste. Sur France Inter, un membre de la direction de la CGT, Denis Gravouil, a dénoncé une «politique scandaleuse» qui a pour but de faire «une grosse économie sur le dos des chômeurs».

C’est toujours aux mêmes qu’on met la pression, c’est toujours aux mêmes qu’on demande des contreparties

Il a résumé la règle en expliquant que «quelqu’un qui a deux ans de droits, parce qu’il a été licencié après un CDI, aura 18 mois de droits au lieu de 24 mois». Et selon lui, ce sera pire pour les plus de 55 ans qui ont une durée d’allocation plus longue de 50%, ces personnes perdant «neuf mois» d’indemnisation. «Tout le monde voit ses droits baisser […] c’est un scandale», a dénoncé pour sa part Michel Beaugas (FO), après une ultime réunion au ministère du Travail.  

La députée et présidente du groupe de La France insoumise à l’Assemblée Mathilde Panot a dénoncé une «persécution» des chômeurs. «La violence sociale est définitivement la marque de fabrique de la macronie», a-t-elle cinglé.

«Pour préparer le recul de l’âge de départ à la retraite, alors qu’il faudrait faire l’inverse, le gouvernement va de nouveau durcir les règles de l’assurance-chômage», a fustigé le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

«C’est toujours aux mêmes qu’on met la pression, c’est toujours aux mêmes qu’on demande des contreparties», a quant à lui dénoncé sur BFMTV le député communiste Stéphane Peu. «Ce pays donne beaucoup d’argent aux entreprises pour les aider à être compétitives sans jamais leur demander de contrepartie en matière salariale, en matière environnementale, en matière sociale», a-t-il ajouté. Pour lui, cette loi ne va pas favoriser le travail, mais la «précarisation absolue des salariés» en augmentant le nombre de travailleurs pauvres. 

«Le gouvernement obéit à Bruxelles et annonce une affreuse réforme de l’assurance-chômage : la durée d’indemnisation diminuera (drastiquement) si le taux de chômage baisse !», a constaté le président des Patriotes, Florian Philippot





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